lundi 8 juin 2020

Psychologie sociale du coronavirus épisode 15: L'enfer du racisme est parfois pavé de bonnes intentions

Hier, 10.000 personnes ont manifesté à Bruxelles contre le racisme et les violences policières à l'encontre des personnes de couleur, en hommage à George Floyd. Etant profondément préoccupé par cette problématique (la question des stéréotypes, préjugés et discrimination entre groupes fait l'objet d'une grande partie de mes travaux), je me réjouis que cette cause suscite une telle mobilisation. Je m'interroge toutefois sur l'opportunité d'autoriser cette manifestation, pour les raisons suivantes:

- Au vu des photos, et de l'affluence, la manifestation viole nécessairement les règles que le gouvernement à édictées la semaine dernière car elle ne permet pas de préserver la distance physique de1,5 m. "Les réunions de groupes sont restreintes à 10 personnes maximum, enfants compris" nous dit le gouvernement.  Certes la plupart des manifestants portaient des masques mais on n'a cessé de nous répéter que cela ne suffisait pas pour endiguer l'épidémie. Quand on sait qu'en Corée, une seule personne en a infecté des centaines lors d'une cérémonie religieuse, le risque d'un regain de l'épidémie en raison de cette seule manifestation ne semble pas négligeable. De même, le début de l'épidémie dans l'Est de la France semble avoir été dû à un rassemblement religieux près de Mulhouse en février.

- Je ne suis pas épidémiologue et peut-être que je me trompe et que le danger est limité. Mais même si c'est le cas, je crains que les personnes qui ont dû faire des sacrifices importants durant ces dernières semaines pour maintenir les règles de distance physique (je pense à la majorité des commerçants, aux artistes, à tous les travailleurs précarisés, ou travaillant au noir, qui n'ont aucun filet de sécurité, aux personnes âgées qui n'ont plus pu voir leurs proches et bien sûr au personnel soignant...), ne comprennent pas qu'une cause, fût-elle noble, justifie de bafouer les règles que l'on a imposées. Comme si la survie de leur activité, le maintien de leurs relations sociales, n'était pas également cruciaux. Même si des niveaux de pouvoir différents sont impliqués (ville de Bruxelles vs. Conseil National de Sécurité), le risque d'amalgame peut nourrir une impression que les autorités sont hypocrites.  Parmi ces personnes, le risque que certaines, mues par un sentiment d'injustice, perdent confiance en les autorités et se tournent vers des formations populistes ou d'extrême-droite (qui, déjà, utilisent la manifestation dans leur propagande et pour qui les magasins dévalisés hier sont du pain bénit), ne me semble pas mince. On sait que le sentiment d'injustice, de ne pas être traité "comme les autres", motive à se trouver vers des partis racistes.  Si ce scénario catastrophe se produit, l'effet de la manifestation aura été d'accentuer ce qu'on souhaite combattre.

- Plus généralement, de nombreuses personnes continuent à adopter des "gestes barrières" et autres comportements visant à freiner la diffusion de l'épidémie, ce qui peut entraîner des coûts importants pour leur qualité de vie ou leur portefeuille. Le risque n'est pas mince que l'autorisation de cette manifestation les mène à considérer comme légitime d'également se montrer moins regardants quant au respect de ces mesures. Après tout, pour la plupart des gens, de nombreuses préoccupations qui imposent des sacrifices "sanitaires" (travailler dans de bonnes conditions, voir ses proches...), sont aussi chères que la lutte contre le racisme. Deux mécanismes psychologiques peuvent être invoqués ici:
  • L'impact de ces manifestations sur la transformation des normes sociales: on sait que le comportement est fortement influencés par les normes sociales et "si les autres le font, alors ça veut dire qu'on peut le faire". 
  • Un effet de "rationalisation": lorsqu'on est motivé à faire quelque chose mais que cela entraîne un conflit par rapport à certains standards comportementaux, on est tenté de chercher des justifications permettant de concilier nos conduites et nos standards. C'est le fameux problème de la dissonance cognitive. Or, ici, ces manifestations permettent précisément de résoudre la dissonance: "je sais que ce n'est pas idéal de violer telle ou telle règle mais s'ils le font, je peux bien me le permettre". 

- Enfin, lorsque d'autres revendications sociales, tout aussi légitimes, se manifesteront, sur quelle base  pourra-t-on interdire d'autres manifestations? Les autorités seront dans une position impossible entre la contribution à un regain de l'épidémie et l'accusation d'hypocrisie, d'être à la solde de la "gauche antiraciste", etc.

Quoi qu'il en soit, si regain de l'épidémie, il y a, ce sont une fois encore les plus vulnérables qui seront les plus touché·es et parmi ceux-ci, les personnes racisées sont surreprésentées. Bref, je crains que nos George Floyd en soient les premières victimes.

Qu'aurait-il fallu faire? Je suis aussi scandalisé par l'assassinat de George Floyd et par les violences policières qui ont touché non seulement des Afro-Américains mais aussi, chez nous, des migrant·es, des réfugié·e·s (pensons à Semira Adamu, à la petite Mawda), et de jeunes "beurs" dans Bruxelles-même (comme Adil ou Mehdi). Mais n'y avait-il pas moyen d'exprimer son indignation d'une autre façon? N'a-t-on pas fait preuve de suffisamment d'imagination pendant le confinement pour trouver d'autres voies pour exprimer celle-ci?

Pour conclure, je tiens à souligner que mon propos n'est pas de stigmatiser les personnes qui se sont rendues à cette manifestation. Elles ont été fidèles à leurs idéaux et on ne peut que le respecter. C'est davantage la décision des autorités bruxelloises de l'autoriser qui m'interpelle.

PS (8/06 à 18H04): J'ai écrit ce billet ce 8 juin aux petites heures et découvert les réactions politiques ultérieurement. Comme tous les autres, il n'engage que moi. Le bourgmestre (maire) de Bruxelles a ultérieurement justifié sa décision en faisant part d'un équilibre entre la liberté d'expression, l'ordre public et la situation sanitaire, ce qui reste très vague. Une hypothèse avancée par certains commentateurs de ce billet était que ne pas autoriser la manifestation présentait un risque sanitaire plus grand dès lors que moins bien encadrée. Je n'ai toutefois pas de confirmation de cette hypothèse.

Episodes précédents: 





samedi 23 mai 2020

Psychologie sociale du coronavirus (épisode 14): Peut-on faire confiance aux scientifiques?

Damdekoli Trust Science Poster, 11x17 Inches, Scientist Wall Art Print, Biology, Physics, Technology, Education Decor School (Renewed)



Si vous n'avez pas réussi à vous échapper sur une île déserte ces dernières semaines, vous avez très probablement été exposé·e aux propositions de Didier Raoult sur la valeur de la chloroquine dans le traitement du Covid-19, de Zahir Amoura, Jean-Pierre  Changeux et al. sur le caractère protecteur de la nicotine ou du Professeur Luc Montagnier, co-"découvreur" du virus du SIDA et prix Nobel, sur la structure du coronavirus, qui ressemblerait à celle du HIV (et serait dès lors une production humaine). Ces thèses, très contestables, ont été largement relayées dans les médias.


Lors de pandémies comme celle que nous vivons aujourd'hui, la recherche d'informations valides sur la façon de se prémunir du virus ou d'en guérir bat son plein. Nombreux sont celles et ceux qui recherchent des informations "scientifiques" dans l'espoir d'acquérir des connaissances fiables sur ce sujet. Les personnages cités précédemment sont parmi les plus respectés dans leurs domaines respectifs et relayer leur avis semble de bon aloi. Quoi de mieux pour savoir ce que dit "la science" que de leur donner la parole?

Mais quel discours écouter? La pandémie donne lieu en effet à une activité scientifique débordante. Il s'agit de comprendre l'identité biologique du virus, sa transmission mais également ses conséquences sur le comportement, sur l'économie, les méthodes de prévention, etc. 

A côté des nombreuses informations émanant de scientifiques surgissent un ensemble de discours provenant de citoyens divers n'ayant guère d'expertise particulière en épidémiologie et en virologie. Si certains de ces discours semblent parfaitement légitimes et dignes de foi, d'autres alimentent des idées fantaisistes et/ou complotistes et parfois de façon fort convaincante (voir à cet égard mon billet sur Jean-Jacques Crèvecoeur). 

Pour les médias, comme pour les citoyen·nes, il n'est pas toujours aisé de savoir à quelle information se fier. Certains repères connus semblent évanescents : pourquoi ne pas faire confiance aux médecins avant tout ? Connaissant la difficulté d'acquérir un diplôme de médecine et la formation scientifique rigoureuse que cela implique, cela semble un critère pertinent. Or, on sait que des médecins adhèrent à des croyances qui n'ont aucun fondement scientifique (l'homéopathie par exemple...). Et malheureusement, cela s'avère une réalité pour des sommités comme le Dr. Montagnier, qui a ardemment défendu le concept fantaisiste de mémoire de l'eau. La blouse blanche n'est donc pas toujours une garantie absolue de crédibilité. 

Autre critère possible : le fait que la recherche ait été menée dans des laboratoires ou par des chercheurs "légitimes" (travaillant par exemple dans des universités qui ont pignon sur rue ou sont prestigieuses) ? Malheureusement, ce n'est pas non plus un gage de qualité à toute épreuve. Le fait qu'une recherche soit menée  par des chercheurs universitaires ne rend pas ses conclusions incontestables. Ceci est particulièrement vrai en ce qui concerne le Covid-19, qui a donné lieu à une "pandémie" d'articles en tous genres, dont la qualité est fort variable. Pour faire face à la pandémie (virale), il semble que de nombreux chercheurs se soient empressés de mener des recherches sur le sujet et de diffuser leurs résultats, en étant souvent moins rigoureux qu'ils ne pourraient l'être. Nombre de ces articles ne sont disponibles que sur des dépôts publics de "preprints" (comme MedrXiv), sur lesquels tout chercheur peut déposer sa production. 

Quel critère de légitimité dans ce cas? Dans le monde scientifique, ce qui asseoit la crédibilité d'une recherche est le fait qu'elle fasse l'objet d'une publication. Pourquoi? Pour le savoir, il faut se pencher sur l'itinéraire d'un article scientifique. Un article scientifique (empirique) a une forme standardisée: il décrit l'itinéraire d'une recherche: pourquoi elle a été menée (introduction), comment (les méthodes), avec quels résultats et quelles conclusions on peut en tirer (discussion). Premièrement, à l'entrée, le processus est parfaitement démocratique: toute personne est libre d'envoyer un article dans la revue de son choix. Cet article, s'il s'inscrit dans le champ d'expertise de la revue et ne semble pas entaché de faiblesses trop importantes aux yeux du rédacteur·trice en chef de la revue, est transmis à des experts du domaine qui en font une évaluation souvent sans concession. Ce processus se fait généralement en double aveugle (l'identité des auteurs n'est pas révélée aux experts et vice versa) dans le souci que l'article soit évalué sur ses mérites et non sur base de considérations extérieures (rivalités, conflits d'intérêts, sentiments vis-à-vis des auteurs, peur de sanctions si on émet un avis négatif...). Dans la plupart des cas (en ce qui concerne les revues les plus prestigieuses), il sera rejeté (dans mon domaine, la psychologie sociale, les revues les plus prestigieuses ont des taux de rejet de plus de 90%). Scénario le plus optimiste: il sera renvoyé aux auteurs avec demande de révisions sur base des commentaire des experts. Une révision sera transmise. Celle-ci peut être rejetée si les réponses sont jugées insuffisantes (rien de plus frustrant pour les auteurs, croyez-en mon expérience!). Elle peut être acceptée ou faire l'objet de nouvelles demandes de révision et ainsi de suite. Bref, publier est un vrai parcours du combattant (ou de la combattante). C'est aussi un processus qui demande un délai relativement important et difficilement conciliable avec les demandes de réponses rapides qui nous sont faites aujourd'hui. 

Le processus de publication scientifique est extrêmement sélectif. S'il est loin d'être parfait, il garantit que la qualité moyenne des articles publiés dans des revues sérieuses soit infiniment meilleure que celle des articles diffusés sur des dépôts publics comme MedXiv. Jusqu'à très récemment, la pratique consistant à déposer des articles  ("preprints") sur des dépôts ouverts de ce type avant expertise n'était pas commune dans la plupart des disciplines scientifiques et en particulier biomédicales (elle l'est en physique par exemple). 

Mais, face à l'urgence, elle a augmenté sensiblement (de près de 400% en un an alors que les consultations ont été multipliées par 100 selon cet article!). Par ailleurs, la qualité des études proposées semble souvent très faible (pas de groupe contrôle permettant d'établir si l'effet du traitement supposé efficace ne pourrait s'expliquer simplement par le temps ou par le mode de vie habituel des sujets).  Or, ces sites ne sont plus consultés uniquement par des scientifiques : des non spécialistes, lisant l'abstract (résumé) peuvent être aisément séduits par des affirmations fort audacieuses, comme celle du Prof. Amoura et ses collègues sur l'effet de la nicotine (précisément diffusé sous forme de preprint et extrêmement faible d'un point de vue méthodologique). Cette frénésie s'explique en partie par le fait que des budgets de recherche - qui sont d'ordinaire souvent si maigres- ont été libérés en toute urgence pour faire face à la crise. 

Comment, dans ces conditions distinguer le bon grain de l'ivraie? 

Dans certains cas, une lecture attentive de l'article permettra de détecter des faiblesses - même pour le·la non spécialiste. Par exemple, l'absence d'un groupe contrôle est une faiblesse criante dans une étude portant sur l'efficacité d'un traitement. En ce qui concerne l'effet de la nicotine, la conclusion des auteurs était basée sur le fait que des personnes se déclarant "fumeuses" avaient moins de chance de développer le Covid-19 que les autres. Mais bien sûr, cela peut être dû à de nombreux autres facteurs: par exemple, les personnes malades du Covid ont peut- être craint de révéler qu'elles fumaient de peur de ne pas avoir accès à une unité de soins intensifs. Les professionnels de la santé (qui constituaient la plupart des patients) étaient peut-être réticents à révéler qu'ils fumaient, etc. 

Un élément essentiel à mon sens est de ne pas se fier uniquement au "pedigree" de la source. C'est précisément par le caractère impersonnel du processus de publication (même si c'est un idéal), et à travers le processus collectif de filtrage, de détection des erreurs éventuelles et d'amélioration sur lequel repose le processus de publication, qu'un savoir peut acquérir une crédibilité véritablement scientifique. Bref, des résultats évoqués seront d'autant plus dignes de confiance qu'ils auront fait l'objet d'une publication dans une revue sérieuse. Si ces résultats sont ensuite corroborés par des reproductions réussies et également publiées, nous pourrons renforcer encore notre confiance. Ainsi concernant l'effet de l'hydrochloroquine, les déclarations du Dr. Raoult ont pu être mises à mal par la publication récente dans The Lancet d'un article expertisé et présentant une série d'études remettant clairement en cause son efficacité. Ce n'est peut-être pas le dernier mot de l'histoire mais étant donné l'ampleur et la rigueur du travail présenté dans cet article, on peut difficilement à ce jour considérer l'hydrochloroquine comme un traitement efficace contre la Covid-19. 

Bien sûr, rien n'est parfait et la publication dans une revue au nom ronflant ne garantit pas à 100 % la qualité des savoirs. 

Pourquoi? 

La première raison réside tout simplement dans le fait que la science est par définition en évolution constante et que l'on acquiert des savoirs en remettant en cause ce qui, dans le passé, pouvait s'apparenter à des évidences. C'est ce caractère mouvant des savoirs scientifiques qui les distingue le plus clairement de l'Evangile ou de toute parole idéologique. 

Mais d'autres éléments incitent à la prudence par rapport à des résultats publiés. Ainsi, il existe toute une série de revues dont les standards sont extrêmement faibles, voire qui ont un objectif purement commercial (elles font payer les auteurs pour leur publication sans pour autant garantir le processus d'expertise décrit précédemment, voir une liste - non à jour - de ces revues ici). Les chercheur·e·s d'un domaine peuvent aisément identifier ces revues mais ce n'est pas nécessairement le cas pour des journalistes ou des "citoyens lambda". En l'occurrence, la revue dans laquelle a été publié l'article sur le lien HIV-Coronavirus était précisément une revue de ce type. Dans le domaine biomédical, il est possible de se fier à des bases de données comme Pubmed, qui reprend une liste de revues sérieuses. 

Et même dans ces revues, il peut y avoir des "couacs". Malgré le processus d'expertise, on peut constater des erreurs, voire, dans des cas exceptionnels, des fraudes. Si celles-ci sont découvertes, cela peut donner lieu au retrait des articles concernés (cela a été le cas de plusieurs articles en lien avec le covid). 

Autre problème: les revues scientifiques sérieuses sont souvent difficilement accessibles car les abonnements sont hors de prix. Il en résulte que les medias n'y ont souvent pas accès ou ont seulement la possibilité de lire des abstracts (résumés). Ceux-ci ne permettent pas d'identifier les faiblesses de l'étude - quand bien même les journalistes auraient le temps et les connaissances nécessaires pour les décortiquer. Cela justifie le recours à des dépôts de preprints gratuits. Et de ce point de vue, ceux-ci permettent un accès "démocratique" à la science. Mais il est alors fondamental de pouvoir distinguer les articles ayant fait l'objet d'une expertise de ceux qui ne l'ont pas fait. 

En conclusion, malgré ses limites, le processus de validation par les pairs est ce que nous avons de mieux. Alors qu'une frange importante de la population se met à douter de faits scientifiques incontestables - comme l'importance de la vaccination, il est plus que jamais fondamental d'être prudent dans l'usage qui est fait de la parole scientifique. Comme le suggère l'image ci-dessus, il faut rester calme et laisser à la science le temps de faire sont travail.

lundi 20 avril 2020

Psychologie sociale du coronavirus (épisode 13): Le complotisme, meilleur des anxiolytiques?

“Il n’y a pas de pandémie. Le confinement s’inscrit dans un complot visant à nous vendre un vaccin très onéreux qui injecte des nanopuces permettant de nous surveiller, le tout dans le cadre d’un gouvernement totalitaire mondial. Les Etats seraient de mèche avec les grandes entreprises pharmaceutiques  pour ruiner la classe moyenne au profit des élites. Le confinement permet de nous isoler et de nous amollir afin d’accepter de prendre ce vaccin. La peur est utilisée comme une arme par le gouvernement à cette fin. Le gouvernement cherche par ailleurs à éliminer les plus âgés afin d’économiser sur les retraites."

Voici la thèse d’une longue vidéo de 45 minutes intitulée "se soumettre ou se mettre debout", que je viens de visualiser sur youtube et qui bénéficie (au moment où j'écris ces lignes) d’une audience spectaculaire : 735000 vues. Son auteur est un Belge du nom de Jean-Jacques Crèvecoeur (dont on trouve un portrait ici).


dimanche 19 avril 2020

Psychologie du coronavirus (épisode 12): Epidémiologie de la panique

L'épisode 12 correspond à un article dans La Revue Nouvelle disponible ici:

https://www.revuenouvelle.be/De-l-epidemiologie-de-la-panique.

Il est consacré à l'épidémiologie de la panique. 

dimanche 12 avril 2020

Est-il dangereux de nier le sexisme à l'égard des hommes (s'il existe)?

Je dispense un cours de psychologie du genre, dont une partie importante est consacrée à l'étude du sexisme visant les femmes. A l'issue des cours traitant de cette question, une étudiante m'écrit la chose suivante (extrait):

"J'ai l'impression que la lecture qu'on fait du sexisme, comme ne défavorisant que les femmes, est très dangereuse. Les médias parlent très rarement du fait qu' après un divorce la cour concède les enfants quasi-toujours à la mère, ou que les femmes qui abusent sexuellement sont perçues moins négativement que les hommes et elles ont une peine mineure. Il y a puis toute une problématique liée à la pression que les hommes ressentent sur le plan de la sexualité et du succès professionnel (...) En parler est-il perçu comme du sexisme? Moi j'ai l'impression que oui, cet arguments sont injustement vus comme le tentative de minimiser les effets que le sexisme a sur les femmes, alors que pour moi ça n'a pas de sens car on devrait être tous dans le même côté."


Elliot Rodger, le tueur misogyne d'Isla Vista


mardi 24 mars 2020

Retour d'expérience sur l'enseignement à distance en grand groupe au temps du coronavirus

Coronavirus oblige, j'ai pour la première fois donné mon cours à +/- 90 étudiant·es en psychologie du genre (BA-3 psychologie, sc. de l'éducation/logopédie) - à distance via l'application "Microsoft Teams" utilisée dans mon université, l'ULB. J'avais préalablement consulté différents guides (dont celui-ci, général, par Nicolas Roland et celui-ci, sur Teams, par Fabienne Chetail, que je recommande tous les deux vivement) et je suis ravi de l'expérience.

Voici quelques éléments que je retiens de cette aventure - en espérant pouvoir vous en faire profiter si, comme moi, vous êtes amené·e à utiliser ce type d'outils.


lundi 23 mars 2020

La pollution favorise-t-elle véritablement la diffusion du coronavirus?

Ces derniers jours, la presse (voir aussi ici et ici) a fait grand cas d'une étude montrant que la pollution favoriserait la diffusion du covid-19. La pollution serait une "autoroute" pour le coronavirus. Mon collègue Alain Content de l'Université libre de Bruxelles a cherché la source de cette étude et constate qu'il s'agit juste d'un "position paper" publié par un groupe de 12 chercheurs italiens. En d'autres termes, l’article n'a pas fait l'objet du processus d'expertise par les pairs qui permet à des travaux scientifiques d'acquérir une légitimité et de les distinguer d’autres types de prose (y compris ce blog). 

La publication scientifique est un processus extrêmement ardu. Dans les revues reconnues, peu d'articles sont publiés par rapport à ceux qui sont soumis, et passer de la soumission à la publication est souvent un parcours du combattant : chaque étude doit répondre à un examen souvent impitoyable de la part des collègues chargés d'expertiser l'article. 


samedi 14 mars 2020

Social Psychology of the coronavirus: Will flies save us?

This is the English of version of the post originally published in French. I translated this following a suggestion by my colleague Steve Reicher, whose work very much influenced the content of this post. My apologies for the remaining errors (see correction at the end of the piece).


Marcel Duchamp (1917): Fountain