Aller manifester sous la pluie contre les mesures d'austérité. Pénétrer dans une centrale nucléaire pour promouvoir l'énergie verte. Détruire des champs d'OGM pour défendre l'agriculture biologique. Bloquer la route d'un tank chinois place Tien Anmen. Se suicider pour dénoncer la diminution des allocations de pension. Empêcher la tenue d'un sommet du G20 pour dénoncer les méfaits de la mondialisation.
Voici différents comportements qui, bien que fort diversifiés, manifestent tous une forme d'engagement collectif. Tous impliquent de se dévouer à une cause qui dépasse l'intérêt individuel. Ce qui confère, à ceux qui les entreprennent une forme d'aura voire, parfois, la gloire de héros modernes. Même si ces comportements sont effectués par un individu isolé physiquement, cet individu est ancré au sein d'une collectivité, au nom duquel il agit et dont il attend un soutien. Ce pourquoi ces comportements relèvent de l'action collective.
Les psychologues sociaux, les sociologues, et les politologues se sont penchés sur les déterminants de l'action collective depuis de longues années. S'engager dans de tels comportements implique, dirait-on, une forme de dépassement de l'intérêt individuel au profit de la collectivité. En ce sens, l'engagement collectif peut apparaître comme une forme d'altruisme.