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mercredi 31 octobre 2018

On ne peut pas ne pas croire: psychologie sociale et vulnérabilité aux "fake news"


               
Regardez la ligne bleue clair sur le graphique ci-dessus. Elle représente l'engagement généré sur facebook par les 20 fake news les plus populaires juste avant l'élection présidentielle de 2016 aux Etats-Unis. Il s’agit donc du nombre de fois qu'on a cliqué dessus ou qu'on les a partagées. Ce sont des fake news qui peuvent sembler fantaisistes comme: "Hillary Clinton a vendu des armes à l'état islamique".  La ligne bleue foncé représente le nombre de fois qu'on a cliqué, liké ou ouvert des billets provenant de l'ensemble des médias américains les plus importants dont le Washington Post, le New York Times et NBC news.  On voit que près de l'élection, les gens se sont plus engagés vis-à-vis des 20 fake news que vis-à-vis de l'ensemble des médias traditionnels, ce qui laisse songeur. 

lundi 24 septembre 2012

Lorsque les images bernent notre mémoire


Source: Flickr

Pour nous informer sur l'état du monde, nous avons accès à des mots: aux descriptions, interprétations, démonstrations, opinions, des journalistes. Nous avons aussi accès à des images et à des vidéos.

Que les mots puissent être trompeurs et peu fidèles à la réalité, cela semble évident. Après tout, le langage n'est qu'un moyen imparfait pour rendre compte du monde qui nous entoure. Il ne peut qu'être approximatif. On ne se fait guère d'illusion quant aux parti-pris qui peuvent se dissimuler derrière ceux-ci. Le langage, c'est de la rhétorique, de l'argumentation. 

jeudi 14 juin 2012

Les vertus (discutables) de la paranoïa à l'égard de la presse



Dans Le Soir, le Prince Philippe de Belgique fait part de "sa confiance aux (sic) citoyens pour se forger une opinion" sur base des informations diffusées dans la presse quant aux rumeurs d'abdication qui circulent à propos de son père. Philippe surestime-t-il le sens critique des Belges?

On peut se le demander en se remémorant le traitement de certaines affaires judiciaires. Pensons ainsi au commissaire de police carolorégien Georges Zicot. Celui-ci fut accusé d'avoir protégé Dutroux et se vit incarcéré pendant plus d'un mois. Ces accusations furent abondamment relayées par les médias. Mais si ce nom vous est familier, vous souvenez-vous qu'il a été ultérieurement blanchi de tout soupçon et qu'il fût ensuite réhabilité par la justice et même indemnisé? On pourrait sans doute citer de nombreux autres exemples d'acquittement ou de non-lieux qui firent beaucoup moins de bruit que les inculpations ou les mise en examen qui les ont précédées.

Si les faits divers belges vous préoccupent peu, peut-être serez-vous plus sensible à l'actualité internationale. Au printemps 2003, lors du déclenchement de la guerre en Irak, l'une des questions qui préoccupait le plus l'opinion publique concernait la découverte d'armes de destruction massive, soi-disant cachées par Saddam Hussein. Il est ainsi arrivé à plusieurs reprises qu'on signale la présence de telles armes pour que, le lendemain, il apparaisse qu'il n'en n'était rien ("ce n'étaient que de bons vieux missiles conventionnels"). On pourrait espérer que, suite à de telles rétractions, les consommateurs de ces médias s'empressent d'abandonner leurs croyances en la découvertes d'ADM. 

Or, les travaux sur le sujet montrent que ce type de "dénégation" n'a souvent guère d'effet sur la persistance de la rumeur (voir à ce sujet ce billet).