Le premier ministre belge Elio Di Rupo a récemment présenté ses excuses à la communauté juive pour le rôle des administrations belges pendant les déportation de Juifs en 1942. J'ai été interviewé à ce sujet par La Libre (alors que je n'étais pas des plus enthousiastes quant au traitement des sondages par ce quotidien dans mon billet précédent!).
J'enseigne la psychologie sociale à l'Université Libre de Bruxelles et à l'Université de Mons. L'objectif de ce blog relève de l'auto-discipline: m'obliger à transformer les proto-réflexions qu'éveillent l'actualité de ma discipline et l'actualité tout court en une pensée (plus ou moins) articulée et communicable à tout un chacun...J'espère en faire profiter d'autres que moi.Twittter: @olivier_klein
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lundi 10 septembre 2012
jeudi 16 février 2012
Di Rupo est-il vraiment plus populaire qu'il y a 3 mois? Un petit cours d'inférence statistique appliqué aux sondages d'opinion
Tous les 3 mois, le quotidien belge La Libre publie un sondage évaluant les préférences politiques des Belges. Ce mardi, un des pans de ce sondage était consacré à la popularité de figures politiques diverses dans les trois régions du pays. L'enseignement du sondage, tel que le titre la Une est "Di Rupo superstar".Sur quoi repose cette conclusion? On soumettait une liste à des "sondés" provenant de Flandre, de Wallonie et de Bruxelles. "Pour chacune des personnalités suivantes, voulez-vous dire si vous souhaitez lui voir jouer un rôle important dans les prochains mois?". Chaque figure est ainsi dotée d'un "score" qu'on peut comparer à celui obtenu lors du sondage précédent. Et en effet, Di Rupo a gagné 2 points à Bruxelles et en Flandre et 7 points en Wallonie.
Les journalistes de La Libre ne se privent pas de commenter ces écarts.
Considérons par exemple le cas de Bruxelles:
"(...) les Bruxellois gardent une sympathie certaine pour Elio Di Rupo qui gagne 2% par rapport à notre consultation de Novembre (...) Immédiatement après le "numero uno" socialiste mais à quand même 21% de lui, Charles Picqué, tout en perdant 1%, consolide sa position. La troisième marche du podium voit le retour en force de Guy Verhofstadt".
Il est piquant de constater que le "retour en force" (sic) de ce dernier correspond à une hausse de 1% (de 22 à 23%) alors que la perte équivalente du précédent (Picqué) est qualifiée de "consolidation". Ce type de description émaille l'ensemble du rapport sur les trois régions (chacun concernant une vingtaine d'hommes et de femmes politiques). A la lecture de ces commentaires, il me semble utile de me muer en prof de stats. Car, que sont ces chiffres? Ils proviennent d'un échantillon de 900 personnes. 23% d'entre elles, soit 207 ont répondu qu'elles aimeraient voir Guy Verhofstadt jouer un rôle important. En novembre, sur un autre échantillon de la même taille, seuls 198 (22%) avaient formulé cette réponse. L'avance de 1% correspond donc à cette différence de 9 personnes. Peut-on pour autant affirmer que cet écart correspond à la différence observée dans l'ensemble de la population bruxelloise? Que le nombre de sympathisants de Verhofstadt s'est donc enrichi de +/- 10000 nouveaux individus?
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